Question/Réponse : ma fille a du mal à rester en place, elle bouge tout le temps ; difficile pour elle de rester assise à son bureau pour étudier ! Comment la convaincre de s’y mettre sérieusement ?

Ma fille a du mal à rester en place, elle bouge tout le temps : difficile pour elle de rester assise à son bureau pour étudier ! Comment la convaincre de s’y mettre sérieusement ?

Je fais l’hypothèse que votre fille a besoin de mouvement, notamment physique ! Elle doit aimer bouger, faire des activités sportives, être dehors et tester de nouvelles expériences. Dans ces conditions, il est parfois difficile de se concentrer sur ses devoirs, derrière un bureau.

enfant_hyperactif

Le premier conseil que je peux vous proposer, c’est de lui permettre d’avoir des activités physiques après les cours (sport, théâtre, danse, etc.) afin qu’elle puisse se défouler : elle a déjà passé une bonne partie de la journée assise derrière un bureau ! Après s’être dépensée, elle aura sans doute plus de facilités à se concentrer sur ses devoirs.

La deuxième chose, c’est de lui proposer de travailler en bougeant ! Si elle a une leçon à apprendre par coeur, elle peut par exemple l’apprendre debout en marchant dans sa chambre ou le reste de la maison. Vous pouvez aussi lui proposer de travailler à l’extérieur (dans un parc en marchant, etc.). N’oubliez pas : le mouvement est essentiel pour elle, et elle peut l’utiliser pour apprendre de façon agréable et efficace.

Attention aux jugements définitifs !

J’entends de plus en plus de parents me raconter les échanges qu’ils ont parfois avec les professeurs de leurs enfants : “Son prof de maths dit qu’elle n’aura jamais son bac… elle est en 3ème !”, “Sa maîtresse m’assure qu’elle n’a pas les capacités de faire de grandes études… en moyenne section de maternelle !”. J’ai même entendu une jeune maman recevoir des suggestions d’une directrice de crèche (!!) lui indiquant que sa fille n’était pas suffisamment vive.
prof jugement

Vous connaissez l’impact que les paroles d’un professeur peut avoir sur vos enfants, ces jugements qui laissent peu de place à l’espoir et au développement de leur potentiel. Pourtant, et parfois sans s’en rendre compte, en tant qu’adulte il nous arrive de délivrer ces jugements : “Je ne pense pas que tu sois capable de…”, ou même “Es-tu sûr de pouvoir y arriver ?”, etc.

Quel est l’impact de ces jugements sur nos enfants ?

    •    Un caractère définitif !


Les jugements que nous portons parfois sur nos enfants sont dangereux car ils ont un caractère définitif : implicitement, ils indiquent que la situation est figée et qu’ils ne peuvent rien y changer.
En effet en soumettant des jugements nous parlons de ce que notre enfant est, pas de ce qu’il fait. Et la différence est de taille ! Oui, notre enfant peut échouer dans une situation particulière ou se montrer maladroit sur un sujet, cependant cela ne préjuge en rien de ses qualités intrinsèques ni de son potentiel d’amélioration.
Le jugement assimile une caractéristique définitive à une situation particulière ou isolée, et les conséquences peuvent être malheureuses.

parent juge
    •    Le jugement est destructeur


Quand nous ne voulons que le bien-être de vos enfants, le jugement peut avoir un effet destructeur ! En effet, souvenons-nous que nous avons un rôle modélisant et une parole d’autorité pour nos enfants : ils accordent beaucoup d’importance et de crédit à tout ce que nous leur disons. Ainsi, les paroles que nous prononçons parfois avec les meilleures intentions possibles peuvent avoir l’effet inverse et entamer la confiance ou l’estime qu’ont nos enfants d’eux-mêmes.

    •    Plus d’impact que vous ne vous l’imaginez


De manière générale, l’impact des jugements que nous pouvons porter à nos enfants dépasse souvent notre imagination. En effet, des mots “innocents” prononcés un jour de fatigue ou des mots un peu durs prononcés sous le coup de la colère peuvent avoir un impact sur la durée que nous ne pouvons prévoir.
Je vous ai déjà parlé de l’importance de croire en nos enfants, et l’impact positif que cela provoque.
Il en est de même pour le jugement mais dans l’autre sens : plus nous avons des jugements négatifs sur nos enfants, plus ils risquent de se saboter eux-mêmes. Nous sommes l’image du soutien inconditionnel pour eux, comment peuvent-ils rebondir s’ils pensent que nous ne croyons pas en eux ?

Comment faire alors ?

Je vous propose quelques idées pour éviter les jugements et permettre aux enfants de s’épanouir !

    •    S’appuyer sur les faits !


Lorsque vous avez besoin de reprendre votre enfants pour une situation précise : mauvaises notes à l’école, problème de comportement ou autre, efforcez-vous de vous en tenir aux faits. De cette façon, vous abordez la situation pour ce qu’elle est : un acte isolé qui n’est pas assimilé à la valeur de votre enfant. Vous pouvez alors travailler à la résolution du problème en toute sérénité : vous ne remettez pas en question les qualités de votre enfant !

faits

Exemple :
•    Préférez “Tu as menti” à “Tu es un menteur”
•    Dites “Tu as eu des difficultés à comprendre ce chapitre” plutôt que “Tu n’es pas très fort en maths”
•    Etc.

    •    Reconnaître ses erreurs


Si, par mégarde, vous avez eu un jugement envers vos enfants – et cela peut arriver ! -, l’important est de le faire remarquer tout de suite et expliquer à vos enfants que c’est une erreur de votre part. Ainsi, vous clarifiez la situation en présentant vos excuses : vous expliquez vous être mal exprimé, et vous reformulez votre propos en restant sur la situation concrète.

    •    Agir tout de suite !


De la même façon, si votre enfant a été le sujet d’un jugement venant d’un tiers (professeur, camarade de classe, famille, etc.), il est important d’agir !
Prenons l’exemple où votre fils revient du lycée et son prof lui a dit qu’il était nul en maths. Vous pouvez intervenir pour rectifier le tir, lui expliquer que rien n’est jamais définitif : un échec ponctuel en maths ne présage en rien de la suite de son parcours dans cette matière !
Il est important d’intervenir assez vite pour que le jugement ne se fixe pas chez votre enfant. Dans un second temps vous pouvez également discuter de la situation avec son professeur par exemple.

Mon-enfant-est-fache-avec-les-maths_imagePanoramique500_220

Pour finir, je dirais que ces conseils aident vos enfants à construire leur estime d’eux-mêmes sur le long terme : une fois qu’ils comprennent tout ceci, ils sont armés pour l’avenir et sont moins touchés par les jugements que d’autres peuvent avoir sur eux dans le futur. Vous leur apprenez une chose essentielle : ils sont les responsables de leur propre vie et aucun jugement ne doit entraver leur développement !

Question/Réponse : Ma fille me sollicite énormément pour ses devoirs et elle a des difficultés à travailler seule ; comment l’aider à gagner en autonomie ?

Ma fille me sollicite énormément pour ses devoirs et elle a des difficultés à travailler seule ; comment l’aider à gagner en autonomie ?

Certains ados (et c’est vrai aussi pour les adultes !) préfèrent être entourés que de passer du temps seuls, y compris pour étudier. C’est sans doute le cas de votre fille ! Elle apprécie votre présence lorsqu’elle travaille et vous sollicite souvent : cela signifie qu’elle a besoin de votre soutien et de votre présence dans ses études. Plus qu’un manque d’autonomie, cela reflète probablement l’importance qu’elle accorde au contact humain.

devoirs-ado

Vous pouvez aborder ce sujet avec elle pour comprendre ce dont elle a vraiment besoin : est-ce qu’elle a réellement besoin de votre aide ou est-ce uniquement votre présence qui est importante ? Vous pouvez par exemple lui proposer de travailler dans la même pièce que vous, le simple fait d’être près de vous sera peut-être suffisant. Vous pouvez également l’inviter à travailler avec des amis, elle appréciera sûrement de pouvoir partager des moments de travail avec ses camarades de classe !

Cela peut aussi être un manque de confiance en elle ou un réel besoin d’accompagnement sur une matière scolaire par exemple, et c’est encore autre chose…

Pourquoi faut-il éviter de comparer vos enfants ?

“Comparaison n’est pas raison” dit l’adage, et je suis bien d’accord !

“À ton âge, ta soeur, elle avait 16 de moyenne en mathématiques !”

Avec cette simple phrase dont vous espériez qu’elle remotive votre petit dernier, vous déclenchez une vague de colère de sa part.

colère

La comparaison déclenche des réactions inattendues, et souvent dessert vos objectifs !

Pourquoi la comparaison est-elle inutile ?

  • Chaque cas est différent !

Vos enfants sont tous différents : votre petit dernier se démarque clairement de sa grande soeur, vous êtes différent de votre fille, votre aîné ne réagit pas comme son meilleure ami, etc. Cela paraît évident ! Pourtant, en utilisant la comparaison (quelle qu’elle soit), vous oubliez ce point essentiel. En effet, comparer deux personnes revient à traiter deux personnes différentes de la même manière.

différents

Or, il y a tellement de différences ! Si on reprend l’exemple de la note en maths par exemple. C’est un résultat qui prend en compte une multitude de variables : les affinités, le professeur, le cadre familial, la situation émotionnelle, le niveau de maturité, etc. En comparant votre enfant à quelqu’un d’autre, vous oubliez un instant son unicité !

  • La comparaison n’apporte rien…

En plus de manquer de pertinence, la comparaison n’apporte souvent rien à une situation. En effet, elle est souvent utilisée pour dire que l’autre est mieux (et rarement le contraire) ; cela n’a qu’un effet : rabaisser votre interlocuteur – votre enfant !

Ainsi, dans une simple phrase à première vue innocente et en ayant les meilleures intentions, vous remettez en cause l’amour inconditionnel que vous portez à votre enfant en le rabaissant.

  • Pire, la comparaison dessert votre but !

Enfin, la comparaison peut avoir l’effet complètement inverse que celui escompté. En effet, en comparant votre enfant, vous espérez que cela le fasse réagir et qu’il redouble d’efforts pour égaler le “modèle” que vous utilisez pour faire la comparaison.

Le risque que vous courrez est de rendre votre enfant jaloux et de le voir se sentir dévalorisé. La plupart du temps, il va réagir en se rebellant et en mettant tout en oeuvre – parfois inconsciemment – pour se démarquer encore plus et ainsi affirmer sa différence. Finalement, l’effet obtenu est l’inverse de ce que vous attendiez !

comparaison-110316-home

Quels sont les effets de la comparaison sur votre enfant ?

La comparaison est une forme de destruction pour votre enfant. C’est un terme volontairement fort pour vous montrer à quel point cela peut être dommageable !

En comparant votre enfant à une autre personne que vous “idéalisez” d’une certaine façon, vous lui dites, implicitement, qu’il n’est pas comme elle et dont qu’il n’y arrivera pas. Et de fait, il est unique, et votre rôle est de l’encourager dans cette unicité ! La comparaison entrave les enfants dans leur construction identitaire : cela les incite à se construire par rapport aux autres (que ce soit en opposition ou pour leur ressembler) au lieu de se concentrer sur leur identité propre.

Comment faire alors ?

  • Ne pas comparer

C’est une habitude qui peut être difficile à perdre : efforcez-vous d’éviter les comparaisons, quelles qu’elles soient !

Plutôt que de comparer, préférez parler des faits concrets et, si c’est le cas, des problèmes rencontrés, en se concentrant sur votre enfant et votre enfant uniquement. Vous pouvez par exemple utiliser la Communication Non Violente.

  • Mettre en valeur les différences et les spécificités

Vous pouvez mettre en valeur votre enfant en soulignant ses différences et ses spécificités. S’il est moyen en maths par exemple, rappelez-lui qu’il est doué en langues et en histoire-géographie pour lui permettre de prendre du recul et de relativiser.

C’est en se concentrant sur ses points forts qu’il peut progresser !

Fillette de 9 ans faisant ses devoirs.

De la même façon, chaque enfant a sa propre façon de travailler. Qu’il aime travailler seul et dans le silence ou qu’il préfère travailler en groupe et avec de la musique, l’important est qu’il trouve l’environnement qui lui convient, et que vous puissiez le soutenir en ce sens.

  • Offrir un amour inconditionnel à ses enfants

Encore une fois, cela semble être une évidence, pourtant cela reste l’essentiel quand on parle de vos enfants ! Quoiqu’il arrive, montrez à vos enfants que vous les aimez d’un amour inconditionnel, et ce quels que soient leurs résultats scolaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. C’est la meilleure arme que vous pouvez leur donner pour qu’il aient confiance en eux et qu’ils trouvent toujours en eux la force de rebondir.

Enjoy :)

Question/Réponse : Impossible de communiquer avec mon fils le matin : il est bougon, muet et refuse toute discussion. Comment initier le dialogue sans le brusquer ?

Impossible de communiquer avec mon fils le matin : il est bougon, muet et refuse toute discussion. Comment initier le dialogue sans le brusquer ?

Certaines personnes (enfant, ado ou adulte !) ont besoin d’un certain temps après le réveil avant d’entrer en contact avec l’autre. De manière générale, de prendre leur temps et d’aller à leur rythme ! C’est important de respecter ce besoin et de mettre les choses au clair entre vous : “Je suis d’accord pour te laisser le temps de commencer ta journée en douceur le matin”. Peut-être aussi simplement définir une durée incompressible (1 heure ?) avant laquelle le dialogue doit s’en tenir au strict minimum.

adolescent-reveil-difficile

Si le reste de la journée, vous n’avez pas de souci pour établir le dialogue, cette solution réglera sans doute le problème ! Sinon, c’est une autre histoire…