Les périodes d’opposition : un passage obligé pour devenir un adulte responsable

Je vais vous raconter une anecdote que j’ai vécue avec ma plus jeune fille.
Un soir, je lui montre la courbe d’autonomie qui illustre les différentes étapes de la relation à l’autorité. On peut faire un parallèle avec la relation parent/enfant.

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Les voici :

1ère étape : la dépendance
Pour votre enfant, c’est la période de l’enfance où il a besoin de vous et ne peut se débrouiller tout seul.

2ème étape : la contre-dépendance
Pour votre enfant, c’est l’adolescence : il est en constante opposition, dit “non” à tout, cherche la confrontation et se différencie de ses parents.

3ème étape : l’indépendance
Pour votre enfant, c’est l’étape où il se débrouille tout seul : il s’organise, prend ses propres rendez-vous sans tenir compte de vous, etc.

4ème étape : l’inter dépendance
Pour votre enfant, cette étape intervient au moment du passage à l’âge adulte : il prend en compte les autres dans ses décisions, dont vous.

Je reprends mon histoire avec ma fille ! Quelques mois après avoir eu cette discussion avec elle, nous jouons toutes les deux dans la cuisine et elle renverse un peu d’eau par terre. Je lui demande donc de ramasser, et elle refuse en me disant : “je te rappelle que l’adolescence, c’est la période de la contre-dépendance, et que c’est une période indispensable pour grandir”.

Oui, la période de contre-dépendance est nécessaire à la construction de vos enfants

En effet, l’adolescence est une période où l’enfant se construit et a le droit de dire non et de s’opposer à ce que ses parents lui disent.
Il est important d’autoriser les enfants à vivre cette étape, normale et nécessaire.

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Eh oui, cette période est indispensable ! Les autoriser aujourd’hui à être en contre-dépendance leur permet, demain, de ne pas être systématiquement dans une attitude d’opposition vis-à-vis de l’autorité (professeurs, managers, etc.).

Un moment propice à redéfinir les règles

Ceci dit, s’il faut autoriser ses enfants à être en opposition, certaines règles ne sont pas négociables, et voici ce que j’ai répondu à ma fille :

“Oui tu as raison, et dans la phase de contre-dépendance, il y a quelque chose sur lequel le manager est inflexible, ce sont les règles non négociables. Et à la maison, quand on fait une bêtise, on la répare, et ça ne se discute pas !”

D’autres règles peuvent être assouplies, comme par exemple les règles concernant la vie sociale de votre enfant : sorties, amis, etc.

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Comment “bien vivre” cette période

Cette période de contre-dépendance a beau être nécessaire, c’est parfois difficile à vivre au quotidien.
Voici quelques idées pour la traverser sereinement.

  • D’abord, prenez du recul et relativisez

Comment ? Essayez par exemple de voir votre histoire avec l’oeil de quelqu’un d’autre. Imaginez que ce soit votre marchand de légumes qui raconte l’histoire, comment verrait-il les choses ?
“Thibaut est insupportable en ce moment, il refuse tout ce que je lui propose, tiens ce week-end par exemple il ne voulait rien faire du tout !”
Peut se transformer en :
“En ce moment le fils d’une cliente n’est pas très motivé par les activités que ses parents lui proposent. C’est de son âge en même temps !”

  • Ensuite, maintenez une communication ouverte et positive

Comment ? En exprimant vos ressentis et besoins et en le sollicitant pour être force de proposition.
Par exemple :
- On va faire une balade à Fontainebleau ?
- Non je joue à la Playstation
- Je préfère que tu passes une partie de l’après-midi en dehors de tes écrans, que proposes tu dans cet esprit ?
- OK dans une 1/2h on peut aller faire un tour de vélo au bord du lac

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Ainsi, progressivement, vous accompagnez votre enfant vers la prochaine étape, l’indépendance, en l’incitant à être force de proposition !

Enjoy :)

Le cadre est un espace de liberté

“Pose ce téléphone !”
Vous avez sans doute vécu une expérience similaire : malgré vos remarques à répétition, votre enfant utilise systématiquement son téléphone portable à table.

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Comment réagir ?

Dans ce genre de situation, on tombe rapidement dans le conflit ou les reproches : “tu le sais pourtant !”, ”tu dois en assumer les conséquences”, “on ne peut pas te faire confiance !”.

Les bonnes questions à se poser :

- Est-ce que les règles ont été bien définies ?
- Est-ce qu’elles ont été expliquées ?
- Est ce qu’elles ont été acceptées ?

En effet, et c’est valable pour nous comme pour nos ados, on respecte une règle quand on la connaît, qu’on l’a comprise et acceptée !
Même si une règle nous paraît évidente, “allant de soi”, aucune règle n’est universelle. Il est toujours utile de s’assurer que ces trois étapes sont claires pour vous et votre enfant.

Poser une règle permet ensuite de l’assouplir voire de la supprimer : il est toujours plus facile de relâcher que de contraindre.

Pourquoi fixer des règles ?

L’objectif est de montrer que les règles permettent de créer un cadre de vie commune, qui est en fait un espace de liberté. Eh oui ! Cet ensemble de règles est un espace de liberté dédié à vos enfants, fait sur mesure et en accord avec leurs besoins.

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J’utilise souvent l’exemple du jardin d’enfant : un espace protégé dédié aux enfants dans lequel ils peuvent s’amuser en toute liberté, courir sans les dangers de la rue, escalader, etc.
Pour que cet espace existe, un certain nombre de règles est respecté : les enfants restent à l’intérieur de l’espace délimité, certains jeux sont réservés aux plus grands, etc.
Il en est de même pour les règles de vie à la maison !

Comment s’y prendre ?

Pour s’assurer que le cadre est correctement défini, je vous propose de :

1) Définir des règles
Vous pouvez vous réunir et définir les règles de vie familiales : horaires de sortie, tâches ménagères, internet, jeux vidéo, etc.

2) Donner du sens
Permettre à chacun de comprendre pourquoi ces règles sont là, quel en est le sens, pourquoi il est important de les respecter et quels en sont les bénéfices.
Par exemple, on n’utilise pas le téléphone portable lorsqu’on est à table, parce que c’est un moment de partage où l’on échange, un temps réservé à la famille qu’il est important de préserver.

3) S’assurer que les règles sont comprises et acceptées
Vous pouvez par exemple écrire les règles sur un tableau, ou faire signer une “charte de vie”, etc. Le but est de formaliser la prise de connaissance des règles et l’engagement de chacun à les respecter.

Exemples de règles :
- Aux repas, on laisse le téléphone portable dans la chambre
- On rentre le soir avant 19h (pendant la semaine) et minuit (le week-end)
- On se dit bonjour le matin

Les règles ne sont pas immuables, elles peuvent évoluer. Certaines pourtant ne sont pas négociables ! N’oubliez pas : c’est vous qui décidez !

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Enfin, et c’est le plus important : vous êtes modélisant. Les règles sont respectées par tous et la première règle que vous ferez respecter à vos enfants, c’est celle que vous appliquez vous-mêmes.
Si vous pianotez en continu sur votre Blackberry (au restaurant, sous la douche, au cinéma), votre enfant adoptera sans doute ce comportement.

Enjoy :)